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Métiers maritimes : la compétence avant le genre ?

Photo du rédacteur: Sébastien Devin
Sébastien Devin
10 sept.
2 min de lecture

⚓ Femmes et métiers maritimes : et si le véritable enjeu était désormais celui des compétences ?


L’économie bleue européenne représente près de 4,9 millions d’emplois. Ports, construction et réparation navale, pêche, aquaculture, transport maritime, énergies marines renouvelables… autant de secteurs qui recrutent et qui, pour beaucoup, rencontrent déjà des difficultés à attirer certaines compétences techniques.


Pourtant, les femmes ne représentent encore qu’environ 29 % des emplois de l’économie bleue européenne. Et derrière ce chiffre se cache une autre réalité : elles restent principalement présentes dans les fonctions administratives, commerciales ou support, tandis que les métiers techniques, opérationnels, embarqués et les fonctions de commandement demeurent très majoritairement masculins.

Plusieurs freins dépassent largement la seule question du recrutement.


Le premier se situe bien en amont de l’entreprise.

Les métiers maritimes restent associés, dès l’orientation scolaire, à un univers physique, technique et historiquement masculin. Résultat : moins de jeunes femmes s’orientent vers les formations conduisant aux métiers de mécanicien, électrotechnicien, soudeur, technicien de maintenance, officier, chef de bord ou responsable de production.

Mais attirer davantage de candidates ne suffira pas.

Il faut aussi pouvoir les intégrer, leur permettre d’évoluer et leur donner accès aux responsabilités. Horaires et rythmes de travail, embarquements prolongés, équipements parfois peu adaptés, organisation de la vie professionnelle, accès aux réseaux internes et au mentorat : plusieurs éléments très concrets peuvent encore constituer des freins à une carrière durable dans ces métiers.


Un sujet d’égalité, mais aussi de recrutement

C’est probablement là que le sujet devient particulièrement intéressant pour les entreprises du maritime.

Dans des secteurs où certains profils techniques deviennent difficiles à trouver, élargir réellement le vivier de candidats devient un enjeu de compétitivité.

La question n’est donc pas simplement : « Comment recruter davantage de femmes ? »

Elle pourrait plutôt être : « Qu’est-ce qui, dans nos métiers, nos recrutements et nos organisations, empêche encore certains talents de nous rejoindre ou d’y faire carrière ? »

Car lorsqu’une entreprise peine à recruter des techniciens, des responsables de production, des profils de maintenance ou demain ses futurs managers, elle peut difficilement se permettre de laisser de côté une partie importante du vivier disponible.


 
 
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